2018

retour sur une édition de Folie !

Les festivaliers se souviendront longtemps de ces 13 concerts placés sous le signe de la Folie : Mad songs, cantates vénitiennes, Folias, Folie érotique au temps d’Erasme… Entre raretés et tubes incontournables, nous avons pleuré avec Purcell, tremblé avec John Eccles (Ah ! cet incandescent air de folie I burn, I burn), nous avons désiré sur les Airs de cour de Lambert et de Charpentier, souri sur les chansons – parfois lestes – de Pierre Guédron, vibré sur les cantates virtuoses de Vivaldi, nous avons été hypnotisés par les Espanolas et autres basses obstinées espagnoles, nous avons suffoqué même, sur les bouleversants lamenti de Barbara Strozzi… Bref, nous avons follement aimé !

Il faut dire que ces passions étaient exprimées par la fine fleur du Baroque français ou international, qui sait si bien allier recherche historique, intuition et virtuosité : Cappella mediterranea de Leonardo Garcia Alarcon avec Mariana Flores, Doulce Mémoire de Denis Raisin Dadre, La Rêveuse avec Marc Mauillon, Le Poème Harmonique de Vincent Dumestre avec Anna Reinhold, Les Accents de Thibault Noally avec Anthea Pichanik… 

Un dialogue entre passé et présent

L’édition 2018 était par ailleurs placée sous l’égide de François Couperin Le Grand, dont on célébrait les 350 ans de la naissance.  Là encore, des artistes de renom – Les Ombres et Nevermind – au service de la plus belle des musiques : Les Nations, L’Apothéose de Corelli et Les Leçons de ténèbres. Mais surtout, une création, celle de courtes Antiennes pour voix et instruments anciens, composées tout spécialement par Gérard Pesson. Raffinées, très expressives, parfois tendues à l’extrême, ces pièces qui entraient subtilement en résonance avec l’œuvre de Couperin, nous ont ému, bouleversé voire bousculé, mais elles ne nous ont pas laissé indifférent. Rappelons que, loin d’une nostalgie du passé, le Festival de Tarentaise aime plus que tout mettre ainsi en regard le Baroque et le temps présent. 

Un crossover réussi

Dans le même esprit de dialogue, mais dans un tout autre genre, les Curious Bards ont galvanisé le public de Brides-les-Bains en croisant de manière convaincante la musique traditionnelle d’Irlande et d’Ecosse et la musique baroque. Accompagnée des sonorités de la harpe, de la flûte, du cistre et du violon, Ilektra Platiopoulou a réveillé l’âme des Gaëls, nous ensorcelant de sa voix profonde, dans des airs celtiques tour à tour mélancoliques et dansants.  

Ophélie au sommet !

Amie du festival de longue date, Ophélie Gaillard a offert aux auditeurs l’intégrale des Six Suites pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach. Pour cette œuvre-somme, servie par une artiste au sommet de son art, il fallait un site d’exception… au sommet de la montagne ! Ou plutôt deux sites, car il y eut deux concerts : d’abord Conflans, juchée sur les hauteurs d’Albertville, puis Notre-Dame-de-la-Vie, isolée sur un éperon au milieu de la haute vallée des Belleville. Deux joyaux de l’art baroque savoyard donc, pour ce concert de prestige. 

A vous, cher public, follement épris de beauté,
merci de votre fidélité et rendez-vous en 2019 !

Jean-Luc Hyvoz (Directeur artistique)
et toute l’équipe du festival